
Elles apparaissent d’abord timidement : quelques guirlandes lumineuses dans une vitrine de Casablanca, un sapin artificiel dans un café de Marrakech, une boule scintillante suspendue dans une galerie commerciale de Rabat.
Puis, chaque année à l’approche de décembre, les décorations de Noël se multiplient et avec elles… un débat qui ne cesse de prendre de l’ampleur.
Car au Maroc, pays musulman mais profondément ouvert sur le monde, la question revient inlassablement :
faut-il accueillir les symboles de Noël comme une simple célébration festive et commerciale, ou faut-il s’en méfier au nom de l’identité culturelle et religieuse ?
Le Maroc a toujours été un carrefour de cultures :
touristes, expatriés, diasporas, communautés chrétiennes historiques — notamment à Tanger, Rabat et Casablanca — et une tradition d’hospitalité qui fait partie de l’ADN du pays.
Certains y voient même une modernité assumée, une preuve d’intégration à un monde globalisé où les fêtes deviennent des moments de consommation et de convivialité plutôt que des marqueurs religieux stricts.
En revanche, d’autres Marocains expriment une réticence grandissante.
Pour eux, la multiplication des sapins, des Pères Noël et des vitrines rouge et or représente :
« Nous avons nos propres fêtes, nos propres symboles », s’exclame un internaute, arguant que la mise en avant de Noël risque d’effacer les traditions marocaines au profit d’une uniformisation mondiale.
Les réseaux sociaux amplifient ce débat, chacun y allant de son opinion, souvent passionnée.
Dans l’espace public, le débat se cristallise autour d’une question centrale :
les décorations de Noël doivent-elles être perçues comme religieuses ou simplement décoratives ?
Les cafés, hôtels, centres commerciaux et restaurants qui s’y prêtent ont une réponse simple :
➡️ Noël est devenu un événement commercial international.
➡️ Le Maroc, destination touristique majeure, a tout intérêt à s’aligner.
Touristes, expatriés et Marocains vivant à l’étranger s’attendent à retrouver des ambiances festives internationales. Les grands hôtels de Marrakech ou Agadir l’ont bien compris.
Cette discussion dépasse largement les guirlandes et les sapins.

Elle reflète un questionnement plus profond sur :
Dans un pays où les fêtes religieuses musulmanes restent centrales, où la jeunesse est massivement connectée au monde, et où l’économie s’ouvre toujours davantage, le débat sur Noël devient un miroir de transformations sociétales plus larges.